Douleur vive, lancinante ou sourde : parfois la sinusite ne laisse aucun répit. Impossible d’ignorer ce signal du corps qui s’installe, tenace.
S’il s’agit d’une sinusite aiguë
Quand la muqueuse qui enveloppe les sinus s’enflamme, tout s’enclenche. Ces cavités osseuses du crâne, ouvertes sur la fosse nasale par de petits canaux, deviennent soudain un piège. Si l’un de ces passages se bouche, la pression monte à l’intérieur du sinus, provoquant une douleur localisée et parfois très forte. Dès que le canal se libère, la pression s’équilibre et la douleur retombe, souvent de façon très nette.
Douleur en tête, fièvre parfois présente
La zone douloureuse varie selon le sinus touché. Un mal de tête ou une douleur près des yeux oriente souvent vers une sinusite frontale. Des douleurs à la joue ou autour de l’orbite font penser à une atteinte du sinus maxillaire.
Un mal de dents dans la joue ou sous l’œil peut révéler une sinusite maxillaire.
Si la douleur semble venir du fond de la tête, la sphénoïde est peut-être en cause, situation rare, mais qui impose la vigilance en raison des risques de complications. Aux douleurs s’ajoutent fréquemment d’autres manifestations typiques d’une infection ORL : fièvre, fatigue, nez bouché, écoulement nasal épais et parfois coloré. Parfois, une otite séreuse s’invite. La trompe d’Eustache, ce fin canal reliant la cavité nasale à l’oreille moyenne, peut se bloquer sous l’effet de l’inflammation. Résultat : accumulations de liquide dans l’oreille, gênes auditives, sensations de pression.
Face à ces symptômes, le médecin examine la cavité nasale à l’aide d’un petit spéculum. Des examens d’imagerie (radiographies) peuvent venir compléter le diagnostic.
Le spécialiste peut aussi avoir recours à un fibroscope : une sonde très fine équipée d’une caméra miniaturisée et d’une lumière est glissée dans le nez, progressant jusqu’au méat, une minuscule ouverture, pour visualiser l’intérieur du sinus maxillaire douloureux.
Infections et allergies souvent mêlées
En croisant les symptômes, leur évolution et l’examen clinique, plusieurs causes sont envisagées. En période hivernale, la sinusite infectieuse, d’origine bactérienne (staphylocoques, entérocoques, streptocoques…) ou virale, domine. Mais une cause allergique n’est jamais à exclure, d’autant que les deux peuvent se cumuler et compliquer le tableau.
Comment agit-on lors de la crise ?
Pour soulager, les praticiens prescrivent habituellement des anti-inflammatoires et, si besoin, des antibiotiques sur une douzaine de jours. Il n’est pas rare d’y associer un traitement antiallergique, administré pendant deux à quatre semaines.
Pour renforcer l’action, le médecin peut recommander des traitements locaux : gouttes ou lavages nasaux, aérosols, inhalations soufrées (efficaces mais au parfum redouté). En cas d’infection, l’antibiothérapie est associée à une courte cure de cortisone (huit jours environ).
Si l’état ne s’améliore pas franchement, des analyses complémentaires sont envisagées : prélèvement des sécrétions du sinus pour analyse bactériologique, prise de sang, imagerie (radiographies, scanner). Selon les résultats, un traitement plus ciblé est mis en place, parfois plus puissant : association d’antibiotiques, corticoïdes, antiallergiques. Grâce aux progrès des traitements, le drainage chirurgical des sinus devient rare.
Complications d’un mauvais traitement
Parmi les complications à surveiller si la prise en charge n’est pas menée jusqu’au bout, on retrouve notamment :
- Le développement d’une trachéite ou d’une bronchite, lorsque les sécrétions infectées cheminent vers la gorge et descendent jusqu’aux bronches.
- L’évolution vers une sinusite chronique, si la forme aiguë n’est pas correctement soignée.
Un risque réel à ne pas sous-estimer
Un mal de tête persistant, localisé derrière un œil, doit alerter sur une possible sinusite sphénoïdale. S’il s’y ajoute un écoulement dans la gorge, le scanner s’impose pour lever le doute.
Si l’imagerie confirme la sinusite, l’antibiotique est incontournable, car les complications peuvent être sévères : baisse de la vision, paralysie oculaire, voire méningite.
S’il s’agit d’une sinusite chronique
Quand la douleur s’installe, plus diffuse mais persistante, ou revient régulièrement tous les deux ou trois mois, la sinusite devient chronique. L’inflammation s’auto-entretient, la muqueuse reste gonflée. Progressivement, elle s’abîme : les cils vibratiles, chargés d’évacuer le mucus, disparaissent peu à peu. Résultat, les sécrétions s’accumulent, créant un terrain favorable aux allergènes et à la prolifération bactérienne.
Avec le temps, une congestion quasi permanente s’installe dans le nez et au niveau des canaux reliant les sinus à la fosse nasale.
Conséquence : l’air ne circule plus correctement, ce qui favorise la multiplication des germes. En première intention, les médecins privilégient des traitements pour décongestionner le nez et rétablir une bonne respiration. Selon la cause, d’autres médicaments peuvent compléter l’arsenal thérapeutique.
Les bienfaits des vitamines et oligo-éléments
La sinusite chronique se complique souvent d’un fond allergique. De nombreux praticiens pointent la pollution urbaine comme facteur aggravant, sur un terrain prédisposé. Les déclencheurs ? Pollen, acariens, air froid… autant d’éléments capables de provoquer une réaction allergique.
Plusieurs démarches peuvent alors être proposées, souvent combinées selon les cas : antibiotiques en cas d’infection persistante, anti-inflammatoires, mais aussi des solutions pour stimuler les défenses naturelles : immunomodulateurs, micro-vaccins.
L’apport de vitamines (notamment C) et d’oligo-éléments comme le cuivre ou l’argent est recommandé pendant deux à trois mois pour renforcer l’organisme.
Attention au risque de polypose
La sinusite chronique d’origine allergique peut entraîner l’apparition de polypes dans les sinus ou la cavité nasale, un phénomène appelé polypose naso-sinusienne.
L’examen ORL, parfois complété par une fibroscopie, un bilan allergologique ou un scanner, permet d’affiner le diagnostic.
La prise en charge associe alors généralement corticoïdes (au moins cinq jours), antiallergiques, oligo-éléments, vitamines sur deux mois environ, et traitements locaux adaptés.
Dans certains cas, une désensibilisation conduite par un allergologue est envisagée.
Quand envisager une intervention chirurgicale ?
L’opération n’est jamais le premier choix. Elle trouve sa place si les polypes résistent aux traitements médicamenteux ou en cas de récidive. Un scanner est alors réalisé avant une intervention sous anesthésie générale. Certains spécialistes emploient le laser pour éliminer les polypes : une sonde équipée d’une source laser est introduite dans le sinus maxillaire par voie nasale.
En général, l’intervention se déroule sur une journée, avec un retour au domicile le soir même. Pourtant, le risque de récidive reste élevé : dans 60 à 70 % des cas, les polypes réapparaissent à moyen terme.
Face à la complexité du traitement de la sinusite chronique, mieux vaut consulter un spécialiste expérimenté. Il saura adapter la stratégie à chaque profil, souvent en combinant plusieurs approches : médicaments, oligo-éléments, hydrothérapie…
>> Qu’est-ce que la trachéite ?


