Femme agee assise sur le lit dans une chambre calme

Troubles du sommeil chez la personne âgée : causes et solutions adaptées

29 janvier 2026

Un adulte de plus de 65 ans passe en moyenne une heure de moins au lit que dans la décennie précédente, tout en se réveillant plus fréquemment la nuit. Les modifications du rythme circadien, autrefois considérées comme inévitables, n’expliquent qu’une partie de ces changements. Les maladies chroniques, la prise de médicaments multiples et la diminution de l’activité physique compliquent souvent le tableau. Pourtant, une prise en charge adaptée permet, dans la majorité des cas, d’améliorer significativement la qualité du sommeil et de préserver l’autonomie.

Comprendre les troubles du sommeil chez la personne âgée : un phénomène fréquent mais souvent sous-estimé

On minimise encore trop souvent l’ampleur des troubles du sommeil chez les personnes âgées. Pourtant, près de la moitié des plus de 65 ans signalent des difficultés à s’endormir, des réveils répétés au cœur de la nuit ou une sensation de fatigue dès le matin. Cette réalité, loin d’être anodine, marque un tournant dans la manière dont le sommeil évolue avec l’âge : il devient plus léger, plus fragmenté, et perd en efficacité réparatrice.

Chez les seniors, le sommeil profond se fait rare, laissant place à des phases d’éveil nocturnes qui s’installent nuit après nuit. Les problèmes les plus courants ? L’insomnie, les apnées du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, ou encore les réveils liés à la nycturie. Certaines maladies neurologiques, comme la maladie d’Alzheimer, compliquent encore davantage la situation.

Mais il ne s’agit pas seulement d’un souci de confort. Un sommeil insuffisant augmente nettement le risque de chute, de déclin cognitif et de dépression. Face à la fréquence de ces troubles, il devient urgent de prêter attention à ces plaintes trop souvent négligées. Un échange approfondi entre la personne concernée, ses proches et son médecin généraliste ouvre la voie à des solutions sur mesure, là où l’habitude serait de minimiser ou de s’accommoder de la situation.

Pourquoi le sommeil devient-il plus fragile avec l’âge ? Les causes principales à connaître

Le sommeil ne s’amenuise pas sans raison avec les années. Plusieurs mécanismes sont à l’œuvre. D’abord, l’architecture même du sommeil évolue : les cycles profonds raccourcissent, les réveils nocturnes se multiplient. L’horloge biologique interne, le rythme circadien, se dérègle et la production de mélatonine s’amenuise, rendant l’endormissement plus difficile.

À ces facteurs naturels s’ajoutent d’autres éléments qui pèsent lourd dans la balance. Les pathologies chroniques, diabète, insuffisance cardiaque, troubles respiratoires, viennent perturber le repos. Les douleurs articulaires, fréquentes avec l’âge, entraînent des coupures dans le sommeil profond. Certaines maladies comme Alzheimer, quant à elles, désorganisent complètement le cycle veille-sommeil, rendant les nuits hachées et les journées marquées par la somnolence.

On ne peut ignorer non plus le poids de la santé mentale. L’anxiété et la déprime, qui prennent parfois de l’ampleur en avançant en âge, nuisent aussi au sommeil. Enfin, la prise de médicaments, bêtabloquants, corticoïdes, antidépresseurs, peut altérer la qualité du sommeil. Repérer ces causes, c’est déjà se donner les moyens d’agir, en orientant la prise en charge vers les bons leviers.

Quels impacts sur la vie quotidienne et la santé des seniors ?

Des nuits écourtées ne laissent pas indemnes. Les réveils à répétition et la fatigue accumulée désorganisent le rythme de la journée. La lassitude s’installe, et chaque geste du quotidien devient plus exigeant. La mémoire flanche, la concentration s’effrite, la vigilance baisse : autant de signaux qui pèsent sur l’autonomie et la confiance en soi.

Les troubles du sommeil chez la personne âgée s’accompagnent souvent de troubles de l’attention, de pertes de mémoire ou d’une irritabilité tenace. Une nuit agitée rend la journée plus difficile, parfois jusqu’à la confusion ou l’oubli. Plusieurs études établissent un lien direct entre dette de sommeil et capacités cognitives en berne : suivre une conversation, se souvenir d’un rendez-vous, tout devient plus complexe.

La baisse de l’oxygénation nocturne, observée lors d’apnées ou de mouvements involontaires, favorise les problèmes vasculaires. La somnolence diurne fragilise la posture, augmentant le risque de chute. La nycturie, ce besoin d’uriner la nuit, fragmente encore le sommeil, et multiplie les occasions de se lever à tâtons, exposant à la désorientation ou à la chute.

Voici les conséquences les plus fréquemment observées :

  • Fatigue persistante
  • Troubles de la mémoire
  • Risque de chute accru
  • Dégradation de la santé mentale

La répétition des nuits incomplètes aggrave aussi les maladies chroniques déjà installées. Chez les seniors, le sommeil devient une véritable clé de voûte pour préserver l’équilibre physique, mental et social.

Homme agee regardant par la fenetre dans un salon chaleureux

Des solutions concrètes et rassurantes pour mieux dormir après 65 ans

Retrouver un sommeil satisfaisant n’est pas hors de portée après 65 ans. Quelques ajustements suffisent souvent à faire la différence. Premier principe : instaurer une routine stable. Se coucher et se lever à heure fixe, chaque jour, aide l’organisme à retrouver ses repères, même lorsque l’horloge interne semble déréglée.

L’environnement de la chambre mérite une attention particulière : obscurité, température tempérée, calme ou musique douce participent à la détente. Les recommandations de l’Institut national du sommeil et de la Haute Autorité de Santé convergent : il vaut mieux bannir les écrans avant le coucher. La lumière bleue nuit à la sécrétion de mélatonine, rendant l’endormissement plus difficile.

L’activité physique adaptée, comme la marche ou des exercices doux, constitue un atout précieux. Il est conseillé de pratiquer plutôt en journée, avant 18 heures, pour ne pas gêner l’arrivée du sommeil. Les exercices de relaxation, sophrologie, méditation, visualisation positive, s’avèrent efficaces pour calmer l’anxiété et freiner les pensées envahissantes au moment de s’endormir.

Les plantes comme la valériane, la passiflore ou le tilleul peuvent s’intégrer à la routine du soir, à condition de demander conseil à un professionnel de santé, notamment en cas de traitements multiples. Si les troubles persistent, des outils comme l’agenda du sommeil ou une polysomnographie peuvent orienter le diagnostic. Les professionnels de santé s’appuient sur des indices comme l’index de sévérité de l’insomnie ou l’échelle d’Epworth pour adapter la stratégie.

Voici les leviers les plus efficaces pour favoriser un sommeil de meilleure qualité :

  • Horaires réguliers
  • Activité physique adaptée
  • Environnement propice
  • Techniques de relaxation
  • Évaluation médicale personnalisée

La nuit n’est pas condamnée à devenir un champ de bataille. Avec quelques ajustements et un accompagnement adapté, les seniors peuvent retrouver des nuits apaisées et des journées pleines d’élan.

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