Faut-il considérer la maladie de Vaquez comme un cancer ?

25 février 2026

Affirmer que la polyglobulie de Vaquez n’est « qu’un trouble sanguin » serait un raccourci dangereux. Derrière ce terme un peu technique se cache un véritable défi médical, bien plus complexe qu’une simple anomalie passagère du sang.

syndrome de Vaquez

Les derniers résultats relayés par Guru Focus et issus des recherches de Protagonist Therapeutics sur le PTG-300 apportent un souffle d’espoir aux personnes touchées par la polyglobulie de Vaquez. Cette maladie, parfois appelée polycythémie vraie ou PV, appartient à la famille des cancers du sang, même si elle évolue à un rythme lent. La moelle osseuse des patients s’emballe : elle produit trop de globules rouges, mais aussi des globules blancs et des plaquettes en excès. Conséquence directe : le sang s’épaissit, circule moins facilement, s’expose au risque de coagulation excessive, et avec elle son lot de complications sévères, infarctus, AVC, hémorragies soudaines.

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Pour certains, la maladie avance masquée, sans bruit ni symptômes. Pour d’autres, elle se manifeste par des signes qui bouleversent le quotidien : migraines persistantes, fatigue lourde, épisodes de vertiges, démangeaisons accentuées au contact de l’eau chaude, douleurs diffuses, sueurs abondantes, troubles visuels, inconfort abdominal, essoufflement à l’effort ou au repos, analyses sanguines hors normes. La racine du mal ? Un défaut au niveau du gène JAK2, qui modifie le fonctionnement de la moelle osseuse.

Face à ce dérèglement, les solutions actuelles restent limitées. La phlébotomie, un prélèvement régulier de sang, s’impose souvent pour fluidifier le sang et limiter les caillots. À cela s’ajoutent aspirine, traitements antihistaminiques ou médicaments visant à réduire la concentration des cellules sanguines. Mais ces approches, si elles permettent de gérer certains symptômes, n’effacent pas le poids de la maladie à long terme.

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l’étude de phase 2 de la maladie de Vaquez

La dernière étude de phase 2 menée par Protagonist Therapeutics ouvre de nouvelles perspectives. Elle a concerné six patients, chacun recevant une dose personnalisée de PTG-300, variant de 10 à 80 mg, sur une période pouvant aller jusqu’à sept mois. Le protocole a été bien supporté : aucun participant n’a interrompu le traitement de son propre chef. D’après le Dr Samuel Saks, l’objectif est de réduire la production excessive de globules rouges en agissant sur le fer, indispensable à leur synthèse. Résultat : le recours à la phlébotomie n’a plus été nécessaire pour ces patients pendant la durée de l’essai. Une avancée qui pourrait bien changer la donne pour ceux qui, jusqu’ici, vivaient au rythme des prélèvements sanguins réguliers.

Ce succès initial incite les chercheurs à élargir l’étude. La société prévoit d’associer davantage de patients à cette nouvelle phase, tout en réunissant des experts reconnus dans le domaine des néoplasmes myéloprolifératifs. Les représentants des patients seront également consultés afin d’intégrer leurs attentes et leurs besoins dès la conception des prochaines étapes. Le but affiché : toucher une population plus large, en proposant un traitement non cytoréducteur qui pourrait transformer la prise en charge de la polyglobulie.

Concrètement, éviter la phlébotomie n’est pas un détail. Cette procédure, bien que courante, peut provoquer des effets secondaires parfois sévères : carence en fer, hématocrite trop élevé et donc risque majoré d’AVC ou d’infarctus. Le PTG-300, en étant administrable chaque semaine par le patient lui-même, promet également de réduire la fréquence des consultations médicales, allégeant ainsi la charge physique et mentale des personnes concernées.

L’étude poursuit son développement et vise désormais l’inclusion de cinquante participants pour la prochaine phase. Si les résultats se confirment, on pourrait bien assister à un tournant dans la manière de traiter cette maladie rare et souvent mal comprise.

Cette démarche de recherche, encore perfectible et en constante évolution, met en lumière la difficulté de traduire toute la complexité d’une maladie rare dans des mots simples. Mais elle rappelle surtout ceci : derrière chaque avancée, il y a l’attente concrète de patients qui aspirent à une vie plus légère, moins rythmée par la contrainte des soins. Les prochaines années diront si cet espoir prendra corps ou restera une promesse scientifique.

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