Tracer un acte de soin directement au chevet du résident, sans repasser par le poste fixe du bureau infirmier : c’est la promesse de NETSoins utilisé sur tablette ou smartphone. Le gain paraît évident, mais la qualité réelle de cette mobilité dépend de paramètres techniques et organisationnels que la plupart des présentations commerciales n’abordent pas.
Quels écarts observe-t-on entre un usage fixe et un usage mobile de NETSoins en EHPAD, et à quelles conditions la saisie au lit du résident améliore-t-elle vraiment la traçabilité ?
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Prérequis réseau et matériel pour NETSoins en mobilité
NETSoins repose sur une architecture 100 % web, sans installation locale. Chaque tablette ou smartphone accède au logiciel via un navigateur. Cette simplicité apparente masque une dépendance totale à la qualité du réseau Wi-Fi interne de l’établissement.
Un EHPAD réparti sur plusieurs étages ou bâtiments présente souvent des zones de couverture inégales. Une coupure Wi-Fi de quelques secondes au moment de valider une transmission ciblée peut entraîner une perte de saisie, voire un doublon si le soignant recommence sans vérifier.
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| Critère | Usage poste fixe (bureau infirmier) | Usage tablette/mobile (au chevet) |
|---|---|---|
| Connexion réseau | Ethernet filaire, stable | Wi-Fi, variable selon la zone |
| Taille d’écran | Grand écran, navigation confortable | Écran réduit, menus parfois tronqués |
| Saisie de texte | Clavier physique, rapide | Clavier tactile, plus lent pour les transmissions longues |
| Moment de traçabilité | Différé (après le tour de soins) | Immédiat (pendant ou juste après l’acte) |
| Horodatage réel | Décalage fréquent entre acte et saisie | Horodatage proche de l’acte réel |
| Risque d’oubli de saisie | Élevé si le tour dure longtemps | Réduit par la saisie en temps réel |
Ce tableau met en lumière un arbitrage permanent : le poste fixe offre un confort de saisie supérieur, mais la tablette réduit le décalage entre l’acte et sa traçabilité. C’est ce décalage qui concentre les enjeux réglementaires récents.

Traçabilité au chevet et alignement DUI-DMP
Depuis 2024, le rapprochement entre le Dossier Usager Informatisé (DUI) et le Dossier Médical Partagé (DMP) durcit les exigences de traçabilité dans les EHPAD. Plusieurs groupes, dont DomusVi, ont adapté leurs pratiques mobiles NETSoins pour répondre à cette pression documentaire.
Concrètement, les mises à jour récentes de NETSoins dans le groupe DomusVi ont introduit un durcissement des contrôles d’accès et une segmentation renforcée des droits sur les terminaux mobiles. L’objectif : garantir que chaque acte tracé au chevet du résident respecte les standards d’exhaustivité, de qualité et d’horodatage exigés par le DMP.
Ce durcissement change la donne pour les équipes terrain. Un aide-soignant qui saisit une transmission sur tablette ne voit pas les mêmes modules qu’un infirmier coordinateur. Les profils d’accès, déjà présents sur poste fixe, deviennent critiques en mobilité, où le terminal peut passer de main en main au cours d’un même tour de soins.
Ce que le rapprochement DUI-DMP change au quotidien
- L’horodatage automatique de la saisie mobile sert de preuve documentaire. Un acte saisi au bureau infirmier vingt minutes après le geste réel ne porte pas le même horodatage, ce qui peut poser problème lors d’un contrôle qualité ou d’un audit.
- La segmentation des droits par profil utilisateur limite les erreurs de saisie dans un module inadapté. Sur tablette, chaque soignant accède uniquement aux rubriques correspondant à sa fonction.
- L’exhaustivité documentaire attendue par le DMP pousse les établissements à tracer des actes qui étaient auparavant consignés de façon informelle (surveillance de nuit, positionnement, hydratation).
NETMobilité : application dédiée ou simple raccourci navigateur
NETSoins propose deux modes d’accès mobile. Le premier passe par le navigateur du terminal, en se connectant à l’adresse habituelle (hsm.netsoins.com). Le second utilise l’application NETMobilité, disponible sur Google Play.
La distinction a des conséquences pratiques. L’accès navigateur offre la totalité des fonctionnalités de NETSoins, y compris les modules administratifs. En revanche, l’application NETMobilité est conçue pour un usage ciblé au chevet : transmissions, plan de soins, consultation du dossier résident.
Ce périmètre réduit n’est pas un défaut. NETMobilité filtre les fonctions pour accélérer la navigation sur petit écran. Un aide-soignant en tournée n’a pas besoin du module facturation. L’application allège l’interface et réduit le nombre de clics nécessaires pour saisir une transmission ciblée ou consulter un protocole.
Points de vigilance sur le matériel
Le choix de la tablette influe directement sur l’ergonomie. Un écran trop petit rend la lecture du plan de soins pénible. Un modèle sans coque de protection ne résiste pas longtemps aux chutes dans un couloir d’EHPAD. Tablette Store, partenaire identifié de NETSoins, propose des équipements avec coques renforcées, supports de fixation pour chariot de soins et solutions de recharge collective.
La déconnexion automatique de NETSoins intervient après une trentaine de minutes d’inactivité. Sur tablette partagée entre plusieurs soignants, ce délai impose une gestion rigoureuse des sessions. Oublier de se déconnecter expose le dossier résident à un accès non autorisé.

Limites concrètes de la saisie mobile en EHPAD
La mobilité ne supprime pas tous les irritants. La saisie de transmissions narratives longues reste laborieuse sur clavier tactile. Les soignants qui rédigent des observations détaillées perdent du temps par rapport au poste fixe.
Le Wi-Fi constitue le maillon faible. Dans les établissements anciens, les murs épais créent des zones mortes où la connexion chute. Sans couverture Wi-Fi homogène, la saisie au chevet devient aléatoire. Certains EHPAD ont dû investir dans des bornes supplémentaires avant de déployer les tablettes, un coût rarement anticipé dans le budget initial du projet NETSoins.
La résistance au changement existe aussi. Des soignants habitués à regrouper leurs saisies en fin de tour perçoivent la tablette comme une contrainte supplémentaire pendant le soin. L’accompagnement au déploiement, avec des sessions de formation sur le terrain, conditionne l’adoption réelle de la mobilité.
L’écart entre un déploiement mobile réussi et un échec se joue rarement sur le logiciel lui-même. La couverture réseau, le choix du matériel et la formation des équipes déterminent si la tablette au chevet du résident améliore la traçabilité ou ajoute une couche de friction au quotidien des soignants.

